Karaté Bushido – Rickson Gracie

This article was originally published in France in Karaté Bushido May of 1999 all rights reserved.

Rickson Gracie, on ne le présente plus : 7e dan, invaincu en plus de 460 combats, vainqueur du gigantesque Zulu et du colossal Takada, Rickson semble incarné à lui seul toute la légende de la famille Gracie. Lorsqu’il parle, tous se taisent et écoutent les Conseils de celui qui, en plus de vingt années de compétition, n’a jamais était pris en défaut. Saviez vous qu’au Japon, où Rickson crève le hit parade, le fils d’Helio Gracie est tout simplement considéré comme un kami? Vous vous demandez ce qu’est un kami ? Un kami, c’est un esprit dé la nature, un dieu en quelque sorte !

Karaté Bushido : vous avez quitté le Brésil pour vous installer aux Etats-Unis en 1889. Pourquoi ?

Rickson Gracie : je suis venu ici pour que le Jiu-Jitsu brésilien connaisse une expansion mondiale. Au Brésil, j’avais moi-même atteint le sommet et il me fallait un nouveau challenge personnel. Au début ce fut très difficile. Nous n’étions pas du tout connu et nous n’avions pas encore notre réputation d’aujourd’hui.

K.B. : quand as-tu commencé le Jiu-Jitsu ?

R.G. : avant même de naître, j’avais déjà combattu dans les gènes de mon père. Bébé, je jouais sur le tatami et avant même d’y penser, j’étais déjà un pratiquant.

K.B. : est-ce que dans la famille Gracie il y a obligation de pratiquer le Jiu-Jitsu ?

R.G. : non. On le fait naturellement, pour se sentir bien. Pour un enfant, saisir ei lutter c’est naturel. Dans d’autres familles, lorsqu’un enfant est un peu turbulent, on craint qu’il ne devienne violent alors on le dissuade de se chamailler. Mais chez nous, c’est tout naturel. Perrsonnellement, mon père ne m’a jamais forcé. Il m’a toujours dit : “si tu gagne une compétition, je te donne un cadeau; et si tu perds, je te donne deux cadeaux.” De cette manière, mon père m’a permit de me débarrasser de la pression et de la peur de perdre.

K.B. : est-ce que tu fais pareil avec tes enfants ?

R.G. : oui. Je ne les oblige pas à pratiquer. Et je ne veux pas qu’ils forcent trop, car ils risqueraient de perdre le goût de l’entraînement.

K.B. : rappelle-nous ton palmarès.

R.G. : à partir de l’âge de 18 ans, âge où j’ai obtenu ma ceinture noire, j’ai participé à tous les championnats possibles de Jiu- jitsu et j’ai toujours gagné. Les seules fois où je n’ai pas gagaé, c’est lorsque j’arrivais en finale avec mon frère aîné” Rolls. Dans ce cas, nous ne combattions pas et je lui laissais la médaille d’or. Après sa mort (survenue en delta-plané) j’ai continué à tout gagner. Lors de mon premier combat conte Zabi, j’avais 20 ans; c’était mon pr®iHi®r combat professiôansl. J’ai plus de 400 combats à mon actif, mais une Konn® partie d’entre eux n’étaient pas des compétitionsd officielles, mais des combats dans les dojos; juste pour savoir qui était le plus fort.

K.B. : quel fut ton combat le plus dur ?

R.G. : c’est difficile à dire. Le but du Jiu- jitsu est de profiter des faiblesses de l’adversaire. Parfois, c’est rapide, parfois c’est plus long. Ma technique consiste à rester “confortable” et en sécurité jusqu’à ce que je puisse saisir une occasion décisive. Peut-être mon combat le plus dur fut-il le premier combat contre Zulu.

K.B. : vous êtes-vous battu en dehors des dojos.

R.G. : dans la rue très souvent. J’ai aussi affronté une fois Hugo Duarte sur ta plage. Pourquoi sur la plage ? Parce que ce garçon n’a aucune réputation; il est fort mais impossible de créer un événement sur son nom. Je l’ai battu et plus tard je l’ai battu une nouvelle fois, dans un parking.

K.B. : est que, selon vous, le but de votre famille est atteint, dans la mesure où, aujourd’hui, les boxeurs, les lutteurs et autres se sont mis à pratiquer le Jiu-Jitsu ?

R.G. : le Jiu-Jitsu, c’est l’art qui va compléter les autres arts martiaux. Le niveau actuel des combattants de free-fight est bon. Mais en: fait, ces gars-là gagnent souvent grâce à un talent personnel mais ils n’ont pas encore beaucoup de technique. Un gars qui a de la technique, c’est quelqu’un qui peut battre un adversaire plus fort que luil c’est que font mes frères Royier et Royce; c’est èe que j’ai fait aussi.

K.B. : parlez-nous du dernier combat de yBtre Itère Royce ?

R.G. : Royce s’est fait connaître à travers ses victoires aux UFC, mais il est aussi un bon technicien capable de combattre en Jiu-Jitsu. Comme vous le savez, il s’est sérieusement blessé il y a quelques mois, et je pense qu’il n’avait pas entièrement récupéré. Je ne me suis pas occupé de sa préparation pour ce combat mais je sais qu’il est techniquement supérieur à Wallid.

Textes : Bruce Bousquet. Photos : D.R. Si vous désirez pratiquer le Jiu-Jitsu brésilien avec Bruce Bousquet : Dojo 5, 0146 34 59 26.